Contrôle fiscal
Remise gracieuse ou transaction : comment obtenir une réduction des pénalités fiscales ?
Textes officiels vérifiés sur Légifrance, le BOFiP ou la source publique citée, à la date de mise à jour.
Que faire si les pénalités sont lourdes ?
- Identifiez le stade : tant que les pénalités ne sont pas définitives (contrôle en cours, réclamation ou recours possibles), c’est la transaction ; une fois définitives, la remise gracieuse (LPF, art. L247, 2° et 3°).
- Chiffrez ce qui est négociable : majorations, amendes et, le cas échéant, intérêt de retard. Les droits eux-mêmes ne se négocient pas.
- Écrivez au service dont dépend le lieu d’imposition, en identifiant l’imposition et en joignant l’avis d’imposition ou l’avis de mise en recouvrement (art. R*247-1).
- Si une transaction vous est proposée, vous avez trente jours pour répondre (art. R*247-3) : le calculateur de délais date l’échéance.
Remise ou transaction ?
| Transaction | Remise gracieuse | |
|---|---|---|
| Quand | Pénalités (et impôt correspondant) non définitives | Pénalités (et impôt correspondant) définitives |
| Objet | Atténuation des amendes, majorations, intérêt de retard le cas échéant | Remise totale ou partielle des amendes, majorations, frais de poursuites, intérêts moratoires de l’art. L209 ; impôts directs en cas de gêne ou d’indigence |
| Contrepartie | Plus aucun contentieux sur les pénalités transigées ni sur les droits (art. L251) | Aucune renonciation prévue par le texte |
| Délai | 30 jours pour accepter ou refuser la proposition (art. R*247-3) | Pas de délai fixé par ces textes |
| Qui décide | Directeur jusqu’à 300 000 € ; au-delà, ministre après avis du comité du contentieux fiscal, douanier et des changes (art. R*247-4) | Même répartition |
Ce qui ne peut pas être remis
- Les droits de TVA, d’enregistrement, d’IFI, de publicité foncière, de timbre, les contributions indirectes et taxes assimilées : aucune remise, sauf dérogation limitée pour certains rappels de TVA liés à un établissement stable (art. L247). Les pénalités qui s’y ajoutent restent, elles, négociables.
- Aucune transaction en cas de manœuvres dilatoires visant à nuire au bon déroulement du contrôle (art. L247, dernier alinéa).
- La hiérarchie des sanctions : le montant de l’atténuation consentie par transaction doit respecter la hiérarchie des sanctions prévue par le code général des impôts (art. L247-0 A). Voir les majorations.
La transaction
L’administration vous notifie une proposition indiquant l’impôt, les pénalités encourues et celles qu’elle réclamera si vous acceptez ; vous avez trente jours pour répondre (art. R*247-3). Une fois acceptée, exécutée et approuvée, la transaction est définitive : vous ne pouvez plus contester ni les pénalités transigées, ni les droits (art. L251). Si vous la refusez et saisissez le tribunal, celui-ci fixe lui-même le taux des pénalités en même temps que la base de l’impôt. Le choix se fait donc entre un gain certain sur les pénalités et la chance de faire tomber le redressement lui-même : voir les recours.
La remise gracieuse
Elle suppose des pénalités devenues définitives. Pour les majorations de l’article 1729 (manquement délibéré, manœuvres frauduleuses, abus de droit) consécutives à des rectifications relevant de la commission des impôts directs et des taxes sur le chiffre d’affaires, la demande est soumise pour avis à cette commission (art. L250). La remise d’impôts directs n’est possible qu’en cas d’impossibilité de payer par suite de gêne ou d’indigence (art. L247, 1°).
Qui décide, et en toute transparence ?
Jusqu’à 300 000 € par cote, année, exercice ou affaire, le directeur départemental ou de la direction spécialisée ; au-delà, le ministre, après avis du comité du contentieux fiscal, douanier et des changes (art. R*247-4). Chaque année, le ministre publie un rapport sur les remises et transactions accordées, leurs montants et les règlements d’ensemble (art. L251 A).
Erreurs fréquentes
- Accepter une transaction sans mesurer la renonciation : les droits eux-mêmes ne pourront plus être contestés.
- Laisser passer les trente jours de la proposition.
- Demander une remise sur la TVA ou les droits de donation : impossible sur les droits ; seules les pénalités peuvent l’être.
- Oublier le sursis de paiement si vous contestez : voir le sursis de paiement.
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Questions fréquentes
Peut-on négocier un redressement fiscal ?
Les pénalités (majorations, amendes, intérêt de retard le cas échéant) peuvent être atténuées par transaction tant qu'elles ne sont pas définitives, ou remises à titre gracieux une fois définitives (LPF, art. L247, 2° et 3°). Les droits eux-mêmes ne se transigent pas ; seuls les impôts directs peuvent être remis en cas de gêne ou d'indigence (1°).
Combien de temps pour accepter une transaction ?
Trente jours à partir de la réception de la proposition, qui indique le montant de l'impôt, les pénalités encourues et celles qui seront réclamées en cas d'acceptation (LPF, art. R*247-3).
Que perd-on en acceptant une transaction ?
Une fois la transaction définitive, aucune procédure contentieuse ne peut plus remettre en cause les pénalités transigées ni les droits eux-mêmes (LPF, art. L251).
Qui décide ?
Le directeur départemental ou de la direction spécialisée jusqu'à 300 000 € par cote, année, exercice ou affaire ; au-delà, le ministre chargé du budget après avis du comité du contentieux fiscal, douanier et des changes (LPF, art. R*247-4).
Textes officiels cités
- LPF art. L247, 1° — Légifrance — Livre des procédures fiscales· consulté le 25 septembre 2026 · C-001
- LPF art. L247, 2° et 2° bis — Légifrance — Livre des procédures fiscales· consulté le 25 septembre 2026 · C-002
- LPF art. L247, 3° — Légifrance — Livre des procédures fiscales· consulté le 25 septembre 2026 · C-003
- LPF art. L247, avant-dernier al. — Légifrance — Livre des procédures fiscales· consulté le 25 septembre 2026 · C-004
- LPF art. L247, dernier al. — Légifrance — Livre des procédures fiscales· consulté le 25 septembre 2026 · C-005
- LPF art. L247-0 A — Légifrance — Livre des procédures fiscales· consulté le 25 septembre 2026 · C-006
- LPF art. L250 — Légifrance — Livre des procédures fiscales· consulté le 25 septembre 2026 · C-007
- LPF art. L251 — Légifrance — Livre des procédures fiscales· consulté le 25 septembre 2026 · C-008
- LPF art. R*247-1 — Légifrance — Livre des procédures fiscales· consulté le 25 septembre 2026 · C-009
- LPF art. R*247-3 — Légifrance — Livre des procédures fiscales· consulté le 25 septembre 2026 · C-010
- LPF art. R*247-4 — Légifrance — Livre des procédures fiscales· consulté le 25 septembre 2026 · C-011
- LPF art. L251 A — Légifrance — Livre des procédures fiscales· consulté le 25 septembre 2026 · C-012
Chaque affirmation porte un identifiant (C-001…) relié à son texte, à l'extrait utile et à son contrôle. Notre méthode de vérification.
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