Contrôle fiscal
Abus de droit fiscal : que faire face à une rectification fondée sur l'article L64 ou L64 A ?
Textes officiels vérifiés sur Légifrance, le BOFiP ou la source publique citée, à la date de mise à jour.
Que faire face à une rectification pour abus de droit ?
- Identifiez le fondement exact invoqué dans la proposition de rectification : article L64 (abus de droit) ou article L64 A (motif principalement fiscal). Les conséquences diffèrent, notamment pour les pénalités.
- Notez les dates : trente jours pour répondre à la proposition, puis, pour l’article L64, trente jours à compter de la réception de la réponse à vos observations pour demander la saisine du comité (LPF, art. R*64-2).
- Rassemblez les motifs non fiscaux de l’opération : économiques, familiaux, patrimoniaux, avec les pièces qui les établissent à la date des actes.
- Vérifiez si un rescrit a été demandé avant l’opération : une consultation restée sans réponse six mois écarte ces procédures (art. L64 B).
L64 : actes fictifs ou exclusivement fiscaux
L’administration peut écarter, comme ne lui étant pas opposables, les actes constitutifs d’un abus de droit : soit des actes fictifs, soit des actes qui, recherchant le bénéfice d’une application littérale des textes à l’encontre des objectifs de leurs auteurs, n’ont pu être inspirés par aucun autre motif que celui d’éluder ou d’atténuer l’impôt (LPF, art. L64). En cas de désaccord, le litige est soumis au comité de l’abus de droit fiscal à la demande du contribuable, et l’administration peut aussi le saisir.
L64 A : motif principalement fiscal
Pour les actes passés ou réalisés depuis le 1er janvier 2020, et les rectifications notifiées depuis le 1er janvier 2021, l’administration peut aussi écarter les actes qui, dans les mêmes conditions d’application littérale contraire aux objectifs des textes, ont pour motif principal d’éluder ou d’atténuer l’impôt (art. L64 A). Le seuil est donc plus bas que celui de l’article L64 (motif exclusivement fiscal). Le comité peut aussi être saisi, à la demande du contribuable ou de l’administration.
| Abus de droit (L64) | Motif principalement fiscal (L64 A) | |
|---|---|---|
| Actes visés | Actes fictifs ou inspirés par le seul motif d’éluder ou d’atténuer l’impôt | Actes dont le motif principal est d’éluder ou d’atténuer l’impôt |
| Application | Rédaction en vigueur pour les rectifications notifiées depuis le 01/01/2019 | Actes depuis le 01/01/2020, rectifications depuis le 01/01/2021 |
| Comité de l’abus de droit | Sur demande du contribuable ou de l’administration | Sur demande du contribuable ou de l’administration |
| Majoration de l’art. 1729, b | 80 %, ou 40 % si l’initiative ou le bénéfice principal n’est pas établi | Non visée par ce texte |
| Rescrit (art. L64 B) | Protège après six mois sans réponse | Protège après six mois sans réponse |
Quelles pénalités ?
L’abus de droit de l’article L64 entraîne une majoration de 80 %, ramenée à 40 % lorsqu’il n’est pas établi que le contribuable a eu l’initiative principale des actes ou en a été le principal bénéficiaire (CGI, art. 1729, b). Ce texte vise l’abus de droit « au sens de l’article L. 64 » : il ne s’applique pas, par sa lettre, aux rectifications fondées sur l’article L64 A. Voir la matrice des majorations.
Le comité de l’abus de droit fiscal
Pour une rectification fondée sur l’article L64, vous pouvez demander la saisine du comité dans les trente jours de la réception de la réponse de l’administration à vos observations, ou dès vos observations (art. R*64-2 ; BOI-CF-IOR-30-30, § 170). Quel que soit l’avis rendu, la charge de la preuve pèse ensuite sur l’administration, sauf exceptions de l’article L192 (BOI-CF-IOR-30-30, § 300). Les avis du comité font l’objet d’un rapport annuel rendu public (art. L64). Les autres recours sont présentés sur la page recours après un contrôle fiscal.
Se protéger avant l’opération : le rescrit
Avant de conclure un ou plusieurs actes, vous pouvez consulter par écrit l’administration centrale en lui fournissant tous les éléments utiles pour apprécier la portée véritable de l’opération. Si elle ne répond pas dans les six mois de la demande, les procédures des articles L64 et L64 A ne vous sont plus opposables pour cette opération (art. L64 B). La consultation doit précéder les actes.
Erreurs fréquentes
- Confondre L64 et L64 A : les seuils (motif exclusif ou principal) et les pénalités ne sont pas les mêmes.
- Laisser passer le délai de saisine du comité : pour l’article L64, trente jours à compter de la réception de la réponse à vos observations.
- Justifier l’opération après coup : les motifs non fiscaux se prouvent par des éléments contemporains des actes.
- Consulter l’administration après avoir signé : le rescrit de l’article L64 B doit précéder la conclusion des actes. Si vous avez déjà reçu une proposition de rectification, voir que faire ?.
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Questions fréquentes
Quelle différence entre l'abus de droit (L64) et le « mini-abus de droit » (L64 A) ?
L'article L64 vise les actes fictifs et ceux qui n'ont pu être inspirés par aucun autre motif que celui d'éluder ou d'atténuer l'impôt ; l'article L64 A vise les actes dont le motif principal est fiscal. L'article L64 A s'applique aux rectifications notifiées depuis le 1er janvier 2021 pour des actes passés ou réalisés depuis le 1er janvier 2020.
Quelle pénalité en cas d'abus de droit ?
80 % pour l'abus de droit de l'article L64, ramenés à 40 % lorsqu'il n'est pas établi que le contribuable a eu l'initiative principale des actes ou en a été le principal bénéficiaire (CGI, art. 1729, b). Ce texte ne vise pas l'article L64 A.
Faut-il saisir le comité de l'abus de droit fiscal ?
La saisine est possible à votre demande ou à celle de l'administration, pour une rectification fondée sur l'article L64 ou L64 A. Pour l'article L64, la demande se fait dans les trente jours de la réception de la réponse à vos observations, ou dès vos observations (art. R*64-2). Quel que soit l'avis, la charge de la preuve pèse ensuite sur l'administration, sauf exceptions de l'article L192.
Peut-on se protéger avant une opération ?
Oui : si vous consultez par écrit l'administration centrale avant de conclure les actes, en lui donnant tous les éléments utiles, et qu'elle ne répond pas dans les six mois, les procédures des articles L64 et L64 A ne peuvent plus vous être opposées pour cette opération (art. L64 B).
Textes officiels cités
- LPF art. L64, al. 1 et 2 — Légifrance — Livre des procédures fiscales· consulté le 24 septembre 2026 · C-001
- LPF art. L64, al. 3 — Légifrance — Livre des procédures fiscales· consulté le 24 septembre 2026 · C-002
- LPF art. L64 A — Légifrance — Livre des procédures fiscales· consulté le 24 septembre 2026 · C-003, C-004
- CGI art. 1729, b — Légifrance — Code général des impôts· consulté le 24 septembre 2026 · C-005, C-006
- BOI-CF-IOR-30-30, § 170 et § 300 ; LPF art. R*64-2 et L192 — BOFiP — BOI-CF-IOR-30-30· consulté le 24 septembre 2026 · C-007
- LPF art. L64 B — Légifrance — Livre des procédures fiscales· consulté le 24 septembre 2026 · C-008
Chaque affirmation porte un identifiant (C-001…) relié à son texte, à l'extrait utile et à son contrôle. Notre méthode de vérification.
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